dimanche 3 octobre 2010

Un algorithme de vente, la raison du "krach éclair" du 6 mai à Wall Street


Les régulateurs des marchés américains accusent un algorithme de ventes d’être la raison du "krach éclair" qui a secoué Wall Street le 6 mai.

La SEC et la CFTC, régulateurs des marchés, ont déterminé qu’un algorithme de ventes, processus informatique complexe permettant une vente massive en quelques minutes, serait la raison du "krach éclair" qui a secoué les marchés américains le 6 mai dernier.

"L’une des leçons essentielles de l’événement est que face à un marché nerveux, l’exécution automatique d’un important ordre de vente peut provoquer des mouvements de ventes extrêmes", relèvent la Securities Exchange Commission et la Commodity Futures Trading Commission dans leur rapport.

"Le 6 mai a été dès le début une journée exceptionnellement turbulente pour les marchés" en raison de la crise de la dette en Europe, expliquent les régulateurs. A 14H32 (18H32 GMT) face à "une volatilité inhabituellement élevée et une réduction des liquidités, un courtier a lancé un programme de ventes portant sur 75.000 contrats à terme sur l’indice S&P 500 (il parie sur l’évolution future). Pour cela, il a utilisé un programme informatique complexe, un algorithme, qui a effectué la vente en seulement 20 minutes".

"La meilleure façon de décrire ce qui a suivi, ce sont deux crises de liquidités": une sur le marché de ces contrats à termes, appelés les E-Mini, l’autre sur le marché boursier, intervenue à 14H45, expliquent les régulateurs.

Les opérateurs, préoccupés par l’effet de cette vente massive et rapide sur l’indice S&P 500, se sont retirés du marché. Faute d’acheteur, leurs ventes automatiques se sont traduites par une vertigineuse chute des cours. Le Dow Jones, qui reculait de plus de 2%, a plongé de presque 10%.

"Une des leçons du 6 mai, c’est que beaucoup d’acteurs du marché emploient leurs propres méthodes de pause dans les échanges --totalement ou sur des produits financiers en particulier-- en se basant sur des signaux différents envoyés par les marchés", note le rapport.

La SEC a depuis mis en place des systèmes de "coupe-circuit", qui suspendent la cotation des actions quand elles chutent de plus de 10%.

vendredi 1 octobre 2010

Le recul du dollar soutient le baril de pétrole

Le baril de pétrole coté à New-York franchit la barre des 80 dollars pour la première fois depuis début août.

Le baril est repassé ce matin au delà des 80 dollars par baril. Sur le Nymex, le marché à terme américain, le baril de WTI  grimpe de 1 % à 80,57 dollars. Un mouvement qui semble plus lié au recul du dollar qu’à des motifs fondamentaux, puisque la demande de pétrole ne montre pas de signe de réveil brutal et que les stocks planent à des niveaux historiquement élevés.Selon un rapport publié par Bank of America Merrill Lynch vendredi matin, la politique monétaire américaine pourrait continuer à soutenir le baril. Si la Fed décidait de continuer sa politique de « quantitative easing », qui revient à faire de la création monétaire pour racheter des bons du Trésor américain, le baril pourrait s’envoler de 6 % sur l’année 2011. En injectant entre 500 et 750 milliards de dollars dans l’économie, la Fed pèsera en effet sur la valorisation du dollar par rapport aux autres monnaies. Ce qui incite les opérateurs à acheter des matières premières comme l’or et le pétrole pour se protéger du recul du baril.  

latribune.fr

L'Euro au plus Haut depuis la Mi- Mars

La monnaie unique a atteint vendredi matin 1,3725 dollar, sur fond de spéculations autour des intentions de la Fed.

L'euro est monté, vendredi 1er octobre, au-dessus du seuil de 1,37 dollar pour la première fois depuis six mois et demi, poursuivant son mouvement d'appréciation des précédentes séances face à un billet vert affaibli. Vers 10h40 (8h40 GMT), la monnaie unique européenne a grimpé jusqu'à 1,3725 dollar, son niveau le fort depuis le 18 mars.
L'euro continue de bénéficier d'un regain de faiblesse d'un billet vert plombé par des spéculations sur le fait que la Réserve Fédérale américaine (Fed) pourrait annoncer sous peu une nouvelle vague de rachats d'actifs pour soutenir la reprise chancelante de la première économie mondiale. Une mesure qui serait techniquement défavorable au dollar.

Source challenges.com

jeudi 30 septembre 2010

Moody’s retire son Triple A à l’Espagne

L’agence de notation financière Moody’s annonce ce jeudi qu’elle retire sa note maximale, le fameux Triple A, à l’Espagne, en raison de "la détérioration considérable de la solidité financière" du pays et de ses faibles perspectives de croissance.

Elle était déjà sous examen depuis le 30 juin. Elle descend à Aa1 avec perspective stable ce qui éloigne le risque d’un prochain nouvel abaissement.

L’Espagne a connu hier sa première grève générale contre le plan de rigueur lancé par le gouvernement Zapatero pour réduire le déficit malgré la récession et réduire l’écart avec les objectifs européens de bonne gestion.

latribune.fr

jeudi 23 septembre 2010

Matières Premières : vers une appréciation permanente ? (2eme Partie)

Les matières premières sont-elles pour autant rentrées dans un mouvement de hausse de long terme faisant de celle-ci un investissement sur ? (Deuxieme Partie)

Certains arguments laissent penser que non :
Après avoir développé les arguments du oui en première partie voici les arguments du « non » ci-dessous

Arguments de non :
La croissance mondiale dans les décennies à venir devrait diminuer en tendance du fait de la moindre croissance démographique attendue et du ralentissement de la hausse des niveaux de vie à l’échelle planétaire. Ce ralentissement devrait limiter la croissance de la demande mondiale en matières premières.

Par ailleurs on assiste depuis plusieurs décennies déjà à un déclin de l’intensité en métaux énergie et produits agricoles de la croissance mondiale. Les mesures d’économie, les progrès technologiques, et le changement dans la structure du PIB mondial (avec la montée en puissance des services moins gourmands au détriment de l’industrie) on réduit respectivement de 0.9 et 0.8% par an depuis 1970 la quantité de métaux et d’énergie nécessaire pour produire une unité de PIB mondial. Le mouvement s’est ponctuellement interrompu depuis quinze ans pour les métaux avec les investissements massifs de l’industrie chinoise lesquels seront amenés à se réduire.

L’intensité en matières premières agricoles diminue également à mesure que d’avantage d’individus à l’échelle mondiale accèdent à des niveaux de richesse ou la consommation de nourriture se stabilise

Toutefois l’effet modérateur sur les prix le plus important réside du coté de l’offre celle-ci parait en effet très adaptable à la demande grâce aux progrès techniques aux investissements et à la substitution entre matières premières. Par exemple, la hausse du prix du pétrole à pour conséquence d’augmenter les investissements dans les gisements plus couteux (comme les sables bitumeux ou l’offshore profond), dans les énergies alternatives (charbon, gaz naturel, nucléaire et énergies renouvelables) et dans l’exploration de nouvelles réserves. C’est ce qui explique que les réserves connues du pétrole restent curieusement stables autour de 40 fois la production mondiale annuelle.

L’investissement dans les matières premières ne peut en aucun cas être vu comme un pari unidirectionnel : les marchés des matières premières, soumis aux aléas de la spéculation de la météorologie (pour les produits agricoles) de la politique (limites à l’export) et des stratégies de producteurs en situation d’oligopole (dans les métaux) sont en effet très volatiles alternant bulles et chutes brutales.

Enfin la financiarisation des matières premières va augmenter petit à petit leur corrélation avec les autres actifs financiers et par la, ceci peut entrainer une diminution de leur attractivité.


Pour aller plus loin nous vous recommandons le livre "les Marchés Dérivés de Matières Premières" Ed Broché

samedi 18 septembre 2010

Matières Premières : vers une appréciation permanente ? (1ere Partie)

Les matières premières sont-elles pour autant rentrées dans un mouvement de hausse
de long terme faisant de celle-ci un investissement sur ? (Première Partie)

Certains arguments laissent penser que oui :

Du coté de la demande : l’appétit des pays émergents pour les différentes matières premières (énergie métaux, produit agricoles) à des fins d’investissement industriel ou de consommation va aller crescendo avec leur développement ; aujourd’hui un américain consomme 12 fois plus de pétrole et de viande qu’un chinois. L’accession dans les vingt prochaines années de plus d’un milliard de chinois et d’indiens à la classe moyenne et à son mode de vie (notamment l’automobile) ne manquera pas de doper la consommation mondiale de matières premières.

La demande en matières premières agricoles est elle tirée par la demande en biocarburant (prévue pour augmenter de 8% par an dans les vingt prochaines années selon l’agence internationale pour l’énergie) la quelle impacte directement le cours du maïs et indirectement ceux du soja et du blé, les agriculteurs abandonnant ces céréales pour produire du maïs. Parallèlement, du fait de l’urbanisation et l’industrialisation, la superficie par habitant des terres agricoles ne cesse de diminuer (de 0.45 ha par habitant dans les années 1960 à 0.2 ha par habitant aujourd’hui) alors que l’offre reste assujettie aux aléas météorologiques. Elle pourrait se retrouver malmenée par les changements climatiques à venir augmentant encore la pression sur les prix

Du coté de l’offre: nombre de matières première souffrent d’un phénomène de rareté voire font face à une extinction progressive (le pic pétrolier est attendu entre 2010 et 2020) la situation est encore aggravée par l’inertie dans les investissements par les producteurs très souvent soucieux de leurs rentabilité ceux-ci se lancent dans des investissements qu’après avoir observé des prix élevés sur les marchés, de sorte que l’augmentation de l’offre à tendance à suivre avec retard celle de la demande.

L’or bénéficiera quant à elle à son statut de valeur refuge alternative au dollar (notamment pour les réserves des banques centrales) en cas de glissade du billet vert ou de résurgence de l’inflation au niveau mondial

Enfin un processus de financiarisation de tous les types de matières premières est en cours avec le développement à l’échelle mondiale de trackers sur cette classe d’actifs décorrélée des actions et obligations

les Arguments du "non" seront développés dans la deuxième partie de l'article à paraitre bientôt.
Pour aller plus loin nous vous recommandons "le guide pratique des matières premières "

jeudi 2 septembre 2010

Développement durable, faut’ il investir dessus ?

à la une: développement durable, faut’ il investir dessus ? par R.KHODRI

Il existe une multitude de fonds investissant sur la thématique dite d'investissement responsable (ISR) dont la gestion introduit des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance.

Mais quel est le retour sur investissement et quelle est la réelle valeur ajoutée pour l’épargnant individuel d’y souscrire ?

Les faits et les chiffres :
L’émergence de la crise financière à accéléré le plébiscite d’une finance plus responsable n’ayant plus comme seul objectif une rentabilité absolue au détriment de plusieurs autres aspects. La réponse à ce besoin permettant de concilier à la fois objectifs financiers d’épargne avec des convictions éthiques introduisant des critères environnementaux, sociaux et de Gouvernance est venue des fonds ISR

Bénéficiant d’un intérêt croissant de la part d’investisseurs individuels et d’institutionnels les encours des fonds responsables ont bien progressé ces deux dernières années notamment grâce à l’épargne salariale qui impose un pourcentage d’investissement minimum sur ces fonds (lire aussi l’article Chiffres de l’épargne solidaire paru sur Assetmanagementblog.net)

Les Catégories et leurs limites :
Il existe quelques catégories pour les fonds ISR qui représentent plus un style de gestion. On trouve les :

Fonds éthiques : qui excluent des secteurs (armement, tabac, alcool, Jeux) pour des raisons morales ou même bien religieuses. Ces fonds ont tendances à sous-performer les indices larges car ils excluent des secteurs très performants

Les Fonds socialement responsables: qui ne sélectionnent que les sociétés qui ont les meilleures notes extra financières de leurs secteurs. Ces fonds affichent des performances légèrement inferieurs à celles des autres fonds.

Les Fonds Thématiques: qui sont spécialisés sur des thèmes associés au développement durable (énergie renouvelables, eau, déchets …). Ces fonds peuvent surperformer les indices mais les performances son très volatiles

Encore une fois les Fonds ISR ne constituent pas une classe d’actifs à part entière C’est pour cela que ces fonds doivent rentrer dans la composition d’un portefeuille diversifié. (A titre d’exemple les performances des fonds ISR actions sont très corrélées aux performances des marchés actions)

En conclusion la démarche pour de l’investissement responsable s’inscrit plus dans une démarche d’investissement par convictions que par la recherche de performance. L’investisseur doit accepter l’idée d’abandonner une petite partie de la performance pour le respect de ses engagements sociaux et environnementaux.

R.KHODRI pour Asset Management – Gestion d’Actifs Blog ©


Pour aller plus loin